Bannière
EN KIOSQUES
p1-couv-afrique-football-can.jpg
BUSINESS Médias
Médias
Rabah Madjer : "Je vais devenir acteur" PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 23 Février 2010 08:42

Rabah Madjer est aujourd'hui consultant sportif pour la chaîne arabe Al Arabiya, basée à Dubaï. A 51 ans, la légende vivante du football algérien, qui vit entre Dubaï et Doha, ne désire plus diriger une équipe de football. Sa nouvelle vie est désormais sous les projecteurs et les caméras de télévision. Le capitaine de l'équipe d'Algérie championne d'Afrique en 1990 prépare un documentaire sur sa carrière. Il va aussi tourner dans un film où il aura le rôle principal. Enfin, le champion d'Europe en 1987 avec le FC Porto va aussi animer l'émission "Entre stars" sur la télévision algérienne.


madjer-al-arabiya-dr.jpg

Afrique Football : Que devient Rabah Madjer ?

Rabah Madjer : Je suis toujours consultant sportif à la télévision. Mais j'ai changé de chaîne, puisque j'ai résilié mon contrat avec Al-Jazira, à cause d'un malentendu. Je travaille désormais pour la chaîne Al-Arabiya, basée a Dubaï, pour laquelle j'ai d'ailleurs assuré la couverture de la CAN 2010 en Angola. Grâce à cette expérience de consultant, j'ai pu rester en contact permanent avec le monde du football qui me colle à la peau. Je profite de chaque occasion pour venir en Algérie rendre visite à ma famille et, par la même occasion, rencontrer mes amis. Voilà, grosso modo, le quotidien de Rabah Madjer.

Entraîner une équipe de football, ça vous tient toujours à coeur ?

Non. Franchement, je n'en ai plus envie. Je me sens très bien dans la peau d'un consultant sportif.

Qu'avez-vous pensé de la dernière CAN en Angola ?

Honnêtement, le niveau de jeu était très moyen. Il était bien loin de l'édition de 2008 au Ghana. Le niveau de jeu des équipes africaines a beaucoup régressé. Je pense notamment au Nigeria, au Cameroun, voir à la Côte d'Ivoire. La seule satisfaction, à mon avis, vient du Ghana, avec sa jeune armada de joueurs mondialistes.

madjer-can90-afrique-football.jpgEt qu'avez-vous pensé de l'équipe d'Algérie ?

Personne ne pensait que l'Algérie allait se qualifier pour la Coupe du Monde. Notre sélection est revenue de loin. La qualification des Fennecs à la Coupe du Monde en Afrique du Sud, après 24 ans de disette, est déjà un exploit.

Quant a nos performances à la dernière CAN, qui se sont soldées par une lourde défaite (4-0) contre les Pharaons, il y a beaucoup de leçons à en retenir, à quelques mois du Mondial. Rabah Saâdane doit rectifier le tir. Notamment dans le compartiment défensif. Le choix de certains joueurs doit également être revu. Je ne suis pas partisan d'un changement radical, mais il faut entreprendre quelques réformes. Le sélectionneur national est mieux placé que moi pour cela.

L'Egypte a-t-elle mérité son titre de champion d'Afrique pour la troisième fois consécutive, d'après vous ?

Absolument. L'Egypte a survolé le tournoi, grâce à sa solidité dans les trois compartiments du jeu, sa vision du jeu et ses valeurs sûres comme El Hadari, Ahmed Hassan, Imad Metaab et le jeune Mohamed Geddo.

Comment expliquez-vous  le bas rendement, à la CAN 2010, des vedettes européennes comme Drogba, Eto'o, Kanoute et les autres ?

Ces joueurs sont saturés. Ils disputent pas moins de 70 matchs par saison avec leurs clubs respectifs. Ils ne sont plus motivés quand ils jouent avec leur sélection. Et puis, ils ont peur de se blesser. Tant mieux. Place aux jeunes peut-être.

Etre sur un terrain de football ne vous manque-t-il pas ?

Sincèrement, jouer au football me manque plus que tout. Car il ne faut pas oublier que le football a toujours été ma passion et même mon gagne-pain. J'ai tout connu et tout vécu avec cette discipline, qui m'a fait rêver de longues années, que ce soit en Algérie ou en Europe.

On parle toujours de votre fameuse talonnade en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions 1987 avec le FC porto contre le Bayren de Munich...

En effet. Je l'ai refaite lors du match de gala organisé par l'UEFA, qui a réuni une pléiade d'anciennes stars mondiales. D'ailleurs, j'ai discuté avec le président de cette instance, en l'occurrence Michel Platini, et je lui ai même demandé de me payer des droits d'auteur à chaque fois qu'on évoquera « une talonnade à la Madjer ». C'était bien évidemment pour rire puisque Platini est un bon ami.

Madjer méritait le Ballon d'or France Football. Mais le règlement de ce trophée à l'époque (exclusivement réservé aux joueurs de nationalité européenne et jouant en Europe jusqu'en 1995) vous a frustré...

Ce Ballon d'or, j'en rêve toujours. Je suis impatient d'être réhabilité. J'ai entendu dire que France Football pourrait récompenser les joueurs qui n'ont pas eu l'honneur de gagner ce ballon en raison du règlement. Remarquez, je ne suis pas le seul dans ce cas... Diego Maradona pourrait également revendiquer cet honneur.

Pour en revenir à vos projets. Vous allez faire du cinéma ?

Et pourquoi pas ? Je vous rappelle que plusieurs légendes du football se sont aventurées dans cet art, à l'instar de Pelé, Maradona, Cantonna et autres.
Personnellement, je me sens prêt à m'y mettre. J'ai même signé un contrat avec une boîte de cinéma, dont je préfère ne pas dévoiler le nom pour des raisons professionnelles et rien d'autre.

Donc, c'est déjà fait ?

Oui. Il y aura tout d'abord un film documentaire de 90 minutes sur toute ma carrière footballistique, que ce soit en Algérie, en Europe (France, Portugal et Espagne) ou au Qatar.

Après, il sera question d'un vrai film où j'aurai le rôle principal.

Ce sera un film d'action ?

Il y aura un peu de tout. Ce sera un bon film, d'après les toutes premières données.

Je vais aussi animer une émission intitulée "Bayn an noudjoum" ("Entre stars") qui passera sur la télévision algérienne. Là aussi, vous allez vous régaler. Je vous le promets.

Et pour finir, qu'attendez-vous de l'Algerie à la Coupe du Monde 2010 ?

Une sortie honorable qui nous rappellera celles de 1982 et de 1986.

Propos recueillis par notre correspondant permanent à Dubaï, Dafrallah Mouadhen.


Photos : 1) Rabah Madjer est aujourd'hui consultant sportif pour la chaîne arabe Al Arabiya, basée à Dubaï (Crédit photo : Al Arabiya).

2) Rabah Madjer (à gauche) était le capitaine de l'équipe d'Algérie vainqueur de la CAN 90 (Crédit photo : Henri Szwarc / Afriqu
e Football).

Son Palmarès :

Avec NA Hussein-Dey :

-Vainqueur de la Coupe d'Algérie en 1979.

Avec le FC Porto :

-Vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1987.

-Vainqueur de la Coupe intercontinentale en 1987.

-Vainqueur de la Super Coupe d'Europe en 1987.

-Champion du Portugal en 1986, 1988 et 1991.

-Vainqueur de la Coupe du Portugal en 1988 et 1991.

-Vainqueur de la Super Coupe du Portugal en 1986 et 1991.

Avec l'équipe d'Algérie :

-Vainqueur des Jeux Panafricains en 1978.

-Médaille de bronze aux Jeux Méditerranéens de 1979.

-Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations en 1990.

-Vainqueur de la Coupe afro-asiatique des Nations en 1991.

Ses récompenses personnelles :

-Ballon d'or africain de France Football en 1987.

-5ème meilleur joueur africain du siècle.

-Meilleur footballeur arabe du siècle.

-Plusieurs fois meilleur joueur d'Algérie.

-Meilleur footballeur algérien du 20ème siècle (avec Lakhdar Belloumi).

Ses faits marquants :

-1er joueur algérien à marquer dans une phase finale de Coupe du Monde.

-Il laisse passer le ballon entre ses jambes et marque d'une talonnade en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions 1987 avec le FC Porto face au Bayern de Munich. Depuis ce geste technique porte son nom.

 
Philippe Le Brech : "La CAN n’a pas été trop médiatisée" PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 10 Février 2010 16:42

Grand spécialiste des championnats de football français amateurs, où évoluent plusieurs internationaux Africains, Philippe Le Brech, 39 ans, photographe pour le site de la Fédération Française de Football et pour divers journaux de la Presse Quotidienne Régionale, a suivi tous les matchs de la CAN 2010. L'ancien rédacteur et photographe de "DT Foot" (ce guide français, qui a cessé de paraître en 2007, répertoriait tous les joueurs de la D1 à la DH avec plus de 5 000 photos) nous fait partager la vision de France de la CAN angolaise par un passionné de foot.

philippe-lebrech-afrique-football.jpg

Afrique Football : Qu'avez-vous pensé de la dernière CAN en Angola ?

Philippe Le Brech : On a vu des favoris trop sûrs d'eux. La Côte d'Ivoire ou le Cameroun n'ont pas répondu aux attentes placées en eux. Le seul favori qui a tenu son rang, c'est l'Egypte. Elle était venue pour gagner, elle a gagné. L'équipe que j'ai bien aimé aussi, c'est la Zambie. On a pu revoir Rainford Kalaba, qui était passé par Nice, quand il avait 19 ans (NDLR : Le milieu de terrain zambien de 23 ans qui évoluait à l'Uniao de Leiria en Super Liga portugaise vient d'être prêté à Zamalek en Egypte). La Zambie a fait une belle CAN. Elle était dans le groupe le plus relevé de cette CAN, avec la Tunisie, le Cameroun et le Gabon. La Tunisie a d'ailleurs fini dernière de ce groupe sans perdre le moindre match. Et les 3 autres équipes étaient à égalité. Ca c'est joué au nombre total de buts marqués entre elles. La CAF n'a pas les mêmes règlements que la FIFA pour ses compétitions. Ca complique les choses.

Je ne trouve pas logique non plus le règlement de la FIFA pour les éliminatoires de la Coupe du Monde. Il ne devrait y avoir un match de barrage qu'à partir du moment où 2 équipes sont à égalité parfaite. Et l'Algérie et l'Egypte n'étaient pas à égalité parfaite. Puisque l'Egypte a marqué 1 but en Algérie, alors que les Fennecs n'en ont pas inscrit un seul au Caire. Mais, le règlement de la FIFA ne tient pas compte du plus grand nombre de buts marqués à l'extérieur. Sinon, l'Egypte serait qualifiée pour la Coupe du Monde, à la place de l'Algérie. Ce qui n'enlève rien au mérite qu'a eu l'Algérie à se qualifier pour la Coupe du Monde.

Le pays qui a remporté la CAN 2010 a été celui avec le plus de joueurs locaux dans son groupe. Devons-nous en tirer des conclusions ?

Du fait que l'Egypte ne s'est pas qualifiée pour la Coupe du Monde, elle était encore plus motivée que les autres équipes. En fin de compte, gagner la CAN et être le Roi du continent, c'est plus important que d'aller à la Coupe du Monde. Car quand un pays africain va à la Coupe du Monde, il est conscient qu'il ne va pas aller en finale, ni la gagner. La victoire de l'Egypte à la CAN est donc liée à sa motivation, mais aussi à ses qualités intrinsèques. Car son collectif a su aussi pallier à l'absence de son métronome Aboutrika.

Qu'allons-nous retenir, à votre avis, de cette CAN ?

L'attentat dont a été victime le Togo. Et puis la décision inhumaine de la CAF de suspendre le Togo pour 2 CAN. Alors que la délégation togolaise s'est fait tirer dessus et que 2 Togolais sont morts. C'était une situation exceptionnelle. On ne peut pas appliquer un règlement dans ce cas-là.

On va aussi retenir que l'Egypte a remporté la CAN pour la 3ème fois de suite.

Mais en France, la CAN n'a pas été trop médiatisée.

Notamment, parce que le jour de la finale de la CAN, il y avait la finale du Championnat d'Europe de handball. Et la France est devenue championne d'Europe, alors qu'elle était déjà championne du Monde et championne olympique en titre. C'est un événement historique qui n'était jamais arrivé dans l'histoire du handball.

Propos recueillis par Guillaume Ribeiro

Crédit photo : Guillaume Ribeiro / afriquefootball.com
 
Bernard Lama : « Rehausser le niveau des championnats africains » PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Février 2010 01:53

L'ancien gardien de but de l'équipe de France (44 sélections) et du PSG (Vainqueur de la Coupe des coupes en 1996), Bernard Lama, 46 ans, était un des Consultants de Canal + Horizons à la CAN 2010 en Angola. L'ancien entraîneur du Kenya et l'un des fondateurs du projet Diambars nous livre ses impressions et son analyse sur la première CAN de l'histoire dans un pays lusophone.

bernard-lama-afrique-football.jpg

Afrique Football : Qu'avez-vous pensé de l'organisation de cette CAN en Angola ?

Bernard Lama : Tout d'abord, je suis agréablement surpris par l'Angola, car je ne connaissais pas du tout ce pays. J'ai pu le découvrir et voir que c'est un pays qui est en marche, avec un dynamisme économique très important.

Au niveau de l'organisation, globalement c'est une CAN qui a été réussie. Je n'ai pas ressenti de gros problèmes d'organisation, indépendamment des problèmes de transports qui sont un peu problématiques. Il y a de beaux stades tout neufs, de belles pelouses, à part celle du stade de Luanda. Il y avait du monde dans les stades à Luanda, mais également en Provinces. Le public est venu au stade même si ce n'était pas l'Angola qui jouait.

Du point de vue sportif, qu'avez-vous pensé de cette CAN ?

Au niveau sportif, le niveau de jeu était quand même assez moyen. Avec 5 équipes qui sont qualifiées pour la Coupe du Monde 2010, on pouvait s'attendre à mieux. Même si l'intensité des matchs à partir de la dernière journée du premier tour s'est un petit peu élevée. On a vu de beaux quarts de finale, comme Algérie-Côte d'Ivoire ou Cameroun-Egypte. Mais, ce n'était pas le top niveau. On retrouve 3 fois d'affilée le même vainqueur, contre des adversaires différents, ça veut dire quelque chose. Ca fait 6 ans quand même. Donc quand un pays est bien organisé et fonctionne bien, il est au-dessus du lot. Ce n'est pas normal. On n'a jamais vu ça en Amérique du Sud, en Europe ou même en Asie (NDLR : Aucun pays a remporté 2 fois de suite l'Euro. L'Argentine a aussi remporté 3 fois de suite la Copa America en 1945, 1946 et 1947, mais sur une durée totale de 3 ans.). Même s'il y a beaucoup plus de joueurs étrangers qui évoluent en Europe. Je pense que le problème vient de l'organisation du football en Afrique. Il faut absolument rehausser le niveau du football sur le continent africain, en passant par la formation et les championnats de jeunes. Il n'est pas normal que des pays ne puissent pas former des jeunes chez eux et les faire disputer des compétitions sur le continent. Parce qu'un joueur quand il évolue en Europe et qu'il revient en CAN, il a un rendement qui n'a rien à voir avec celui qu'il a avec son club.

Le développement de la formation est crucial pour le football africain. Justement, vous êtes un des initiateurs du centre de formation Diambars au Sénégal. Pouvez-vous nous en parler ?

Le projet pilote au Sénégal suit son cours et se stabilise. On est aussi satisfait des résultats des jeunes au niveau scolaire. On a une centaine de stagiaires. On a conservé avec nous les 2 premières promotions qui alimentent notre équipe professionnelle, qui évolue dans le championnat de 2ème division au Sénégal. La deuxième étape de notre projet, c'est maintenant de disputer les compétitions continentales.

Plusieurs garçons du Centre ont signé avec des clubs professionnels. 3 jeunes ont signé à Lille, 2 avec un contrat professionnel et un avec un contrat stagiaire, qui est là pour un an et doit faire ses preuves. Les 2 jeunes qui ont signé un contrat professionnel avec Lille sont Idrissa Gana Gueye, le milieu et capitaine de l'équipe de CFA, et Pape N'Diaye Souare, un défenseur droit, qui est régulièrement aligné depuis quelques mois sur les feuilles de match avec le groupe professionnel. Cette saison on devrait donc assister aux premiers pas d'un joueur de Diambars en ligue 1 en France.

On a ouvert un 2ème centre de formation Diambars en Afrique du Sud, en début janvier de cette année, avec une vingtaine de gamins.

Et actuellement on travaille pour ouvrir un 3ème centre de formation Diambars en Guyane.

On veut ouvrir au moins un centre de formation Diambars chaque année de Coupe du Monde. Il y a des besoins en matière de formation un peu partout dans le Monde.

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Luanda (Angola), Guillaume Ribeiro.

Crédit photo : Guillaume Ribeiro / afriquefootball.com

 


Bannière